Libres?!?

Publié le par Jah'Zz

... de Gin Scotch & Rhum (écrit en Novembre 2004) :

 

 

 

"Libres ?!?"

 

Libres v1.2

Même les deniers de mes derniers amis puent le fumier de mes plus funestes ennemis,

Mais ce serait renier mes aînés d’une ironie tyrolienne menée par une pyromanie somalienne

Mêlée par une meuleuse en mal de tyrannie iranienne… Hey !

C’est de la rime bionique sur un rythme iroquois

Dont on ignore le quand, le où, le comment

Et surtout le pourquoi,

Dans mon carquois, il y a des mollards pour tes mollahs et des abats pour tes abbés,

Et probablement tout ça dans un carcan pollué par les cancans de Descartes,

Ecarte mes mots, si tu veux,

Abats tes cartes, si tu peux,

Mais garde mes maux encéphaliques comme des doses de syphilis,

Si viles que même tes succubes succombent en pénétrant dans ma ville esprit,

Et où es-tu ? Toi qui clames la paix civile !

Tes sirènes chantent et ci gît ton système et, même, tes modes de vie,

En glacier de Sibérie, le triple six obéît peut-être à la syzygie,

Le thème, il n’y en a pas,

Et je double tes lunes et divise tes soleils,

Roubles en dividendes troubles,

Les fourbes croulent en évidences souples,

Ma liane a étranglé Tarzan, puis baisé Jane,

Tes roulures, par hasard, ça les gêne

Peut-être quand brûle le scalp de la flamme tricolore,

De l’encens dans mon essence, j’ai mis,

Mais toujours cette même odeur dans ce même bruit,

Ces mêmes bruits nauséabonds cohabitant avec ces mêmes odeurs que l’aurore apporte,

La peste s’empresse de tester tes portes,

Et notre colère tressée en cordes s’engraisse de toutes les cohortes de tes haines,

Qui comme chez Rocé, donnent de la haine à mes haines,

Faut-il donc préparer ce bolchevique cocktail ?

Car pendent aux arbres ces mêmes fruits,

Toujours et encore,

Ou alors, mon goulag sera la palabre, et mes égouts, la diplomatie,

Estomaquées, mes estocades, usées, mes ergots,

Rouillés, mes crocs, écroulés, mes coups ne portent plus,

Ou peu, ou prou,

Les limbes s’effritent en lambeaux de chair inhumaine

Inhumées dans les méandres de mes rares neurones humides de delirium tremens,

Mon état de Numide imite le magenta du postérieur d’un mandrill très mince,

Limite la magie immense des agents de la Matrice,

Je suis vide et âgé

De tant de rage contenue et j’ai

Soif de tant de sanglots retenus par la sécheresse de mon corps et l’âme perdue, je nage

Dans les sangs des miens, et ce, quoiqu’ils en disent,

Avec encore et toujours les mêmes sangles.  

 Libres v1.1

Même les deniers de mes derniers amis puent le fumier de mes plus funestes ennemis,

Mais ce serait renier mes aînés d’une ironie tyrolienne menée par une pyromanie somalienne,

Au pire, on perd un héros, au mieux, on

Fait taire nos nerfs et au final, on perd la guerre, et ce slam fait naître un air soul,

C’est jazz,

Bref, renier mes aînés de mes reniflements ébahis de renoncements, des annoncés,

Et pourtant, maintes et maintes fois recommencés,

Remodelés rondement dans le creux crépusculaire de mes mains ébènes devenues écrues,

Et qui l’eut crû,

Entre un dos empreint de scoliose et serpenté de veines sclérosées,

Celles-ci suivant une pente sinueuse,

Et bien, on dirait un scolopendre dans un train spoliant le do ou le ut,

Tout en plongeant dans le uk

D’une salamandre prête à die et se prenant pour Ayrton Senna

Lorsqu’elle s’écrase sur un mur en apprenant qu’elle s’est prise une amende amère,

Les leurs,

C’est sûr, ne sont pas un leurre,

Chacun sa route, chacun son chemin,

Chacun son rôle, chacun son destin,

Et celui du poulet est de finir dans une casserole,

C’est peut-être ça le manque de salaison dans l’amande,

Le trop de sucre dans la menthe

Lors de la séance du thé qui fut infusé dans un fût rempli de futilités,

Fusse-t-il aimanté au bon goût,

Les abysses de la vilainie s’accordent à la rampe de la fumisterie,

Et même dans un carrosse, le fumier de mes plus funestes ennemis salit mes derniers amis

Et leurs pauvres petits deniers,

Ils ont omis de mentionner l’hypothétique homicide,

Forcément onéreux en termes d’années de calèche, qui est endogène à la monnaie,

Et de surcroît,

Le froid engendré par la matière même ajoute un surcoût de chaud effroi,

Peut-être qu’on naît damnés,

Qu’on ferait mieux de traverser armés,

Qu’on ferait mieux de marcher rétine au viseur comme dit Hamé, à moins

Qu’on ne soit définitivement bannis de leur hémicycle, en tout cas,

J’ai mis mille échanges dans mes deux hémisphères,

J’ai mystifié leurs formats et enfournés leurs calibres,

Stagnez donc dans vos standards, mon étandard

Est un étalage de gars qui se croient libres, il n’y a plus de poison, le dard

Est vide,

Mon esprit, plus si lucide, si jamais il l’a été, la tête aride,

Comme mon visage, bienvenue au Kalahari,

A l’entrée posez vos matics,

Feuille blanche, bic et écriture automatique !

 

 

Avant-propos (sic!) :

Nous sommes en Novembre 2004, et Gin Scotch & Rhum est invité, ainsi que d'autres artistes & slammeurs, à "ouvrir" la seconde soirée-concert, du 20 Novembre, du Festival Avatarium à St-Etienne...

L'édition 2004 du Festival Avatarium possède une thématique générale, c'est "Libre !?"... Et la soirée du Samedi, seconde donc, cette soirée accueille en têtes d'affiche quelques représentants du label Californien Anticon, et pas des moindres, ce sont Sole, Passage et Restiform Bodies! Les programmateurs de Avatarium veulent du slam, du spoken word donc en ce que nous pouvons nommer la première partie...

Gin Scotch & Rhum décide donc d'écrire simplement un nouveau texte, et si possible ayant un quelconque rapport avec la thématique globale du festival, soit la liberté! Thématique et sens du thème plutôt proches de ce qu'il fait déjà, puisque cette idée se retrouve souvent dans ses textes... Et idée aussi que Gin Scotch & Rhum décide d'aborder avec un "regard" non-explicite vers Hakim Bey (les immédiatismes... Le "s" ici est mit exprès!), avec un "regard" formel vers André Breton (les surréalismes... Le "s" ici est mit exprès!) et avec un "regard" enfin explicite vers Baruch Spinoza ("l'homme se trompe en croyant être libre"...)...

Et ce texte en est le, modeste, si, si, si, résultat, "Libres?!?"...

L'êtes-vous?

 

 

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