Diseurs de rimes...

Publié le par Jah'Zz

aka I and I Pod # 8!!!


Salutations à tout le monde,
Ca faisait, au final, un bail que je n'étais pas (re)venu vous entretenir de quelques sons parlant et marquant pour ma gueule... Ouais! Oui, ça faisait un p'tit bout de temps que je n'avais pas renouvellé mon lecteur à votre droite là sur la page... Ouais! Oui, un léger retard, si il faut le nommer de la sorte, mea culpa donc pour celles et ceux (et il y en a) qui "suivent" cette, non, ces choses là... Voici donc ce que j'appelle le I & I Pod version 8!
Et parce que on n'est jamais mieux servi que par soi-même, et parce que tout de même de la promotion, que dis-je, de l'auto-promotion, après tout ne fait pas grand mal, et... Et surtout parce que certain-e-s savent à quel point je porte estime à l'équipe de Minneapolis, aux équipes du Minnesota, au moins à travers leur "maison mère", parce que ces gens là font les choses... Parce que tout ce que j'ai écrit précédemment, cet I & I Pod est entièrement dévolu aux rimeurs, aux diseurs de rimes, à Rhymesayers Entertainment!



I & I Pod 8



Pas d'ordre précis, juste le(s) sen(s) des sons comme je le(s) sens, okay!?!

- "1597", Atmosphere (Slug, Ant, Spawn & Beyond) ("Overcast!", 1997) : Fin des années 90, pour caricaturer (à l'extrême), disons donc que le hip-hop, comme la "masse" des gens l'entend, en est à l'opposition de styles, de genres, d'artistes et même plus, entre la Côte Est et la Côte Ouest... Et le milieu? Evidemment, ce n'est point un désert artistique, comme le Sud, comme d'autres régions alors méconnues en terres américaines... Mais le milieu? Cet album, "Overcast!", en est pour moi à l'époque le meilleur représentant d'un hip-hop à mi-chemin entre les deux océans... Cet album est une véritable gifle alors... Après la série des tapes "Headshots", Atmosphere (encore en formation trio ou quartet) et le jeune Rhymesayers, avec ce premier effort long format, réalisent un coup, oui, un coup de maître, et puis surtout, ils écrivent la première page de leur histoire, et quelque part l'une des plus belles pages de l'histoire de cet art là... La coopérative culturelle, comme j'aime à les nommer, qu'est Rhymesayers, au final, affine, plus que ne balbutie, ce qu'ils vont proposer jusqu'à aujourd'hui : du hip-hop, un hip-hop, le hip-hop! "1597" en est l'ouverture, assez différente de ce qui va suivre, mais Ant est déjà ailleurs en termes de musique, si on en doutait, Slug est au-dessus des leurs acolytes d'alors en termes de flow et de rimes, Atmosphere se présente comme l'un des parallèles les plus intéressants (et à nouveau, car c'est indissociable, comme Rhymeayers) des mecs par exemple de chez Fondle'Em ou encore Definitive Jux, pour l'Est, Sole Sides et Stones Throw, pour l'Ouest... En parlant d'Ouest, quelques temps après, Slug rejoint des gens comme Dose One, Alias et Sole, et deviennent les Deep Puddle Dynamics, et Anticon... Mais là, c'est une autre histoire!!! (PS : Slug n'y reste pas longtemps, et peut-être avec le temps justement, il a bien fait?!?)

- "Potholderz", MF Doom feat. Count Bass D. ("Mm.. Food", 2004) : Pas d'ordre particulier, je vous le disais plus haut, sautons allégrement (et avec des pincements au coeur, tellement il y a eu, et il y a, de bonnes sorties chez ces Rimes Diseurs, argh!) et passons à presque 10 années après le fondateur "Overcast!" avec ce "Mm.. Food" de Daniel Dumile. Pourquoi? Parce que, pareil, vous le savez, MF Doom est l'un de mes "favoris" dans ce jeu là... Parce que, j'ai cité Fondle'Em plus haut, l'époque des freestyles chez Bobbito Garcia, il a été Zev Luv X et donc KMD... Parce que sur ce titre là en particulier, "Potholderz", il y a son presque alter-ego (Doom est déjà faché à l'époque avec l'autre MF, Grimm) du Tennesse, Dwight Farrell... Parce que le titre déboîte, simplement... Et parce que malgré quelques défauts, mais que j'affectionne aussi, cet album est une vraie livraison du Masque de Fer pour ses copains de Rhymesayers...

- "Songs in the key of tryfe", Semi. Official (I Self Devine & DJ Abilities) feat. MF Doom ("The anti-album", 2003) : Restons quelques temps avec l'avatar de King Geedorah, retournons ceci dit une année en arrière (en "dates de sortie"), mais entrons de pleines oreilles chez Semi. Official. La réunion du DJ et beatmaker Abilities, quasi vétéran de la scène indé, et du MC et beatmaker I Self Devine, même remarque (?), est à nouveau, pour moi, et pour Rhymesayers, quelque chose de violent, une rencontre de montagnes qui a accouchée d'une super souris, costaude (ça se dit?), efficace... De la basse, de la batterie, des samples, Abilities garde les bases d'un hip-hop "traditionnel", mais en fait autre chose... Autre chose au service du Micranots, I Self Devine, complètement halluciné et hallucinant dans ses raps hautement chargés en dénonciations politiques, voir sociétales... "The anti-album" est entièrement passionant. Et sur ce "Songs in the key of tryfe", au delà du clin d'oeil à Stevie Wonder, qui ne me déplait pas du tout et loin de là, les mots et débits des MCs me semblent tellement en adéquation avec la musique, et cette flûte nom de Zeus, que... Que... Voilà quoi!

- "Trap door", Jake One feat. MF Doom ("White van music", 2008) : Un piège? Oui, si vous ne connaissiez pas ce label là, Rhymesayers, et si jamais vous mettez un de leurs rejetons dans votre platine, ou autre quelconque lecteur, vous risquerez, en effet, à en devenir junkie... Hé, hé, hé! Voici, avec "White van music", l'une de leurs dernières sorties, et quelle sortie!!! Toujours attaché à la chose indépendante, Rhymesayers fait ses trucs, et heureusement, certaines personnes y trouvent leur compte, artistes comme public. Jake One, producteur, beatmaker donc, de son état, n'est pas entièrement un inconnu lorsqu'il arrive chez Slug... Il a dans sa besace quelques productions remarquées, et remarquables, pour la scène indé (E 40, Gift of Gab...), mais surtout, c'est un gars associé au mainstream, puisque membre du Money Management, soit le pool de producteurs de 50 Cent... Mais voilà, pour son premier effort discographique à lui tout seul, il le fait chez Rhymesayers, et tant mieux!!! Tout seul, tout seul, c'est un beatmaker, et ce "White van music" est un album dit de producteur, et donc hormis quelques skits et autre interlude, Jake One invite sa crème à lui des MCs ricains, et grâce à son carnet d'adresses (de chèques?), le "casting" est furieusement proche de la perfection : Freeway, MOP, Busta Rhymes, Casual, Royce da 5.9, Pos de De La Soul, Little Brother, Prodigy, etc. Mais aussi des "collègues" de son nouveau label, Slug évidemment, Brother Ali et là par exemple MF Doom... La réussite du "White van music", et cet exemple avec "Trap door", est que Jake One place des prods plutôt fidèles aux MCs invités, tout en gardant une certaine distance, sa touche en quelque sorte, un piège déjoué par ce gars originaire de Seattle!

- "The office", Grayskul feat. Slug of Atmosphere & Aesop Rock ("Bloody radio", 2007) : Seattle, état de Washington, le grand nord-ouest américain, le crew Oldominion... Et en particulier, en ce qui nous concerne entre autres (je parlais de promo? Et oui!!!), Onry Ozzborn, JFK, et Rob Castro (de "moins en moins" présent, notamment sur ce "Bloody radio"), Grayskul... D'après ce que j'ai entendu, ce sont justement Abilities et Eyedea qui présentent le trio à Slug, ce dernier appréciant largement le côté sombre du trio (tiens, pour re-citer d'autres personnes, artistes et maisons, beaucoup de gens trouvaient les Grayskul proches, en style, des Cannibal Ox), et hop là, Grayskul rejoint l'écurie Rhymesayers durant l'année 2004 et sort dans la foulée le terrifiant "Deadlivers"... Là, j'ai choisi plutôt leur deuxième album pour la maison du Minnesota, le "Bloody radio". Car ce dernier, bien que les MCs semblent être toujours posséder des espèces d'obsessions et que les rimes sont encore glauques, je parlais de doom hip-hop quelque part ailleurs, le "Bloody radio" s'essaie à des titres, peut-être, avec "plus" de mélodies, mais l'ensemble se ient tout de même avec les précédents travaux de Count Draven (Onry Ozzborn) et de Count Magnus (JFK), ou les suivants. Dark, malgré tout!!! "The office" en est un reflet, qui en plus bénéficie de la présence vocale de deux icones de l'underground (large) hip-hop, Slug, toujours là, et Aesop Rock (autre "navigateur" entre les Côtes) de Def Jux... Un truc bouillant!!!

- "Boombox", Blueprint ("1988", 2005) : N'y voyez pas comme un signe ésotérique, illuminati ou je ne sais quel truc de numérologie, j'ai commencé par le "1597" de Atmopshere, et je termine cet I & I Pod par un extrait du "1988" de Blueprint... Je trouve ça plutôt cocasse, mais surtout, même si je manque, en ce spécial Rhymesayers, pléthore d'artistes et de sorties majeurs ou tout du moins intéressants et/ou importants... Hum, allez, j'en cite en vrac quelques uns, Mr Dibbs (une autre fois, sans doute, quand je ferais un truc sur les DJs et/ou les beatmakers), Abstract Rude (je pense que je vous "gave" déjà assez des mecs du Project Blowed), Felt (ou quand Slug et Murs des Living Legends mettent en musiques leurs fantasmes), Psalm One (car Rhymesayers a aussi des filles qui cartonnent), Soul Position (RJD2 rencontre, justement, Blueprint), et tant d'autres... Je reviens donc à Blueprint! L'album "1988", ce dernier est un hommage vibrant au hip-hop de cette année là, un hommage tout simplement magnifique! Public Enemy, De La Soul, NWA, EPMD, Ultramagnetic MC's, KRS One et Boogie Down Productions, Eric B. & Rakim, Stetsasonic,  et j'en passe, 1988 est une année fabuleuse pour le hip-hop, et Blueprint en fait un disque, quelque peu témoignage, un disque de fan, et surtout un disque réussi... Le titre "Boombox", peut-être qu'il se détache un peu plus, peut-être pas, dans mon association d'idée, il me semblait évident de la choisir à la suite du "The office" de Grayskul avec Slug et Aesop Rock, car Ian Bavitz a aussi un titre du même nom... Le titre "Boombox"... Car c'est une boucherie, il faut le dire, il faut l'écouter!!!

Rhymesayers, des diseurs de rimes, des teasers de rythmes...
Je vous le conseille vivemment, si vous ne connaissiez pas, penchez-vous sérieusement sur leur(s) discographie(s), il y a de vraies perles de mots, de vrais bijous de sons. C'est un abri à artistes des meilleurs, et bien souvent réconfortant lorsque d'autres nids nous décoivent!
Et pour conclure, un rappel, puisque ce Samedi, le 2 Mai, nous recevons des illustres représentants de chez Rhymesayers, les Grayskul... C'est à l'Assommoir, à Sainté, et en plus, il y a d'autres occupants d'un abri plus au Sud, en Arizona, des plus intéressants lui aussi, d'autres occupants de Universatile, soit The Insects ainsi que Crusher Sound System... Et je n'oublie pas nos héros d'ici, les Rouilleurz... Que demande la plèbe?
Allez, enjoyez la zik, sortez aux concerts, et n'oubliez pas de soutenir les artistes, et labels, indépendants... Ah si, du coup, Hadopi? Le F, le U, le C et le K!!!
Peace!

Publié dans Buts

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Jouer au poker 05/05/2009 16:24

Super article