D'une lettre à l'autre...

Publié le par Jah'Zz

Hello!
Crevé, je suis... Bien, bien, crevé, je suis... Mais à part ça, c'est cool... Ca va... Globalement...
Vous savez quoi? Je me suis rendu compte que j'avais zappé, oublié, de "mettre à jour" un truc, dont je m'étais dit (et à vous par la même occasion) que je m'y tiendrais... Et ben, les paroles n'engagent que celles et ceux qui les donnent, à ce qu'on raconte. Sorry, tout de même, mea culpa et tout le reste!
Et comme j'ai, presque, manqué à ma parole, et bien, ce mot, ce "D'une lettre à l'autre..." en contiendra, des paroles... Oui!
Bienvenue, mes ami-e-s, et les autres, dans ce que je nomme donc mon I & I Pod, 7ème du nom et "D'une lettre à l'autre..."...




I & I Pod 7, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Fabe, Massive Attack, 2Bal 2 Neg', Tchad Unpoe




- "Melody", Serge Gainsbourg (1971) :
"Les ailes de la Rolls effleuraient des pylônes
Quand m'étant malgrè moi égaré
Nous arrivâmes ma Rolls et moi dans une zone
Dangereuse, un endroit isolé Là-bas, sur le capot de cette Silver Ghost
De dix-neuf cent dix s'avance en éclaireur
La Vénus d'argent du radiateur
Dont les voiles légers volent aux avant-postes
Hautaine, dédaigneuse, tandis que hurle le poste
De radio couvrant le silence du moteur
Elle fixe l'horizon et l'esprit ailleurs
Semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste
Ruelles, culs-de-sac aux stationnements
Interdits par la loi, le coeur indifférent
Elle tient le mors de mes vingt-six chevaux-vapeurs
Prince des ténèbres, archange maudit,
Amazone modern' style que le sculpteur,
En anglais, surnomma Spirit of Ecstasy
Ainsi je déconnais avant que je ne perde
Le contrôle de la Rolls. J'avançais lentement
Ma voiture dériva et un heurt violent
Me tira soudain de ma rêverie. Merde!
J'aperçus une roue de vélo à l'avant,
Qui continuait de rouler en roue libre,
Et comme une poupée qui perdait l'équilibre
La jupe retroussée sur ses pantalons blancs
- "Tu t'appelles comment ?
- Melody
- Melody comment ?
- Melody Nelson."
Melody Nelson a des cheveux rouges
Et c'est leur couleur naturelle. "
J'ai déjà eu à dire, là-bas, ailleurs, ici, partout, que pour moi, Gainsbourg, et Vannier, ont posé avec cet album, et ce titre (entre autres), les vraies première partitions d'un disque français qui sonnait, en terme(s) de "pop", largement comme, voir "mieux", que les sons anglo-saxons... Il y a définitivement un avant, et un après, l'histoire de cette Melody... Word!

- "Karmacoma (Portishead experience)", Massive Attack (1995) : Le Wild Bunch encore, presque, au complet, puisque Tricky est avec Massive Attack, de plus, un remix signé par le groupe d'alors qui apparaît dans le sillage de Bristol... Frais! Très frais! Bouillant! Très chaud! Et évidemment, Barrow et sa clique empruntent ici des "paroles" musicales de Gainsbourg & Vannier... Très frais! Très chaud! C'est bien, simplement, énormément et c'est parlant...

- "La magie du tiroir", 2 Bal 2 Nèg' (1996) : Méchante sensation alors, et même que ça peut être mis au pluriel... La rencontre, et l'album commun, des 2Bal Niggets et des 2Nèg' est magistral... Et cette affirmation d'un certain sens de la chose indépendante... Et ce nouvel emprunt des "paroles" musicales de Gainsbourg & Vannier... Décidément, là aussi, le sampleur parle...

- "Lettre au Président", Fabe (1996) :
"Je suis en règle comme mes papiers tu peux m'épier, conspirer, pire
Espérer, voir me virer, tirer, fuir me faire cuire, me cuisiner, m'usiner
Ta fraise se cassera sur ma face si tu veux m'assassiner, me calciner
Pas besoin de me dessiner la suite, j'connais la musique, ton disque est truqué,
Tronqué, t'as craqué, t'as le trac mais c'est moi qui suis traqué, parqué,
Braqué, aussitôt écarté, embarqué tu joues les cracks et, t'as ta matraque,
Mais la tête de craqué que t'as su raconté, protégé du Parquet
Tu parles du bombes, dans la France profonde
Puis la France tu sondes, après tu poses une bombe
Et dans ton piège elle tombe... Faisant de moi un ennemi public
L'ennemi commun, au commun des cons qui crois en ta politique en me stéréotypant
Tu fais croire que je suis flippant
Les flics en civil fouillent mes vêtements, bêtement,
Et ils font monter la pression garçon, j'ai bien l'impression
Qu'il y a une OPA sur l'immigration
C'est la crise : la douce France casse du bronzé bébé,
T'achètes ton pain, t'as pas d'papiers on se voit au bled... et d'emblée
Voilà pourquoi il y a du complot dans l'air
J'ai pas la couleur locale laissez-moi faire mes affaires
C'est nécessaire, frère, serre les coudes
L'enfer est sur Terre les condés courent les rues sont bondées sourds sont les militaires
Mon service pour toi s'est arrêté au bout des trois jours
Si tu es la lumière, je suis un abat-jour...
Tu peux mentir dans tes informations, tu sais ça !
Tu peux montrer l'Amérique du doigt, tu dois,
Jouer les martyrs qui se protègent de l'immigration
En règle comme mes papiers, j'm'occupe de ton cas, mon gars...
Tu peux mentir dans tes informations puis ensuite,
En public attaquer Befa pour diffamation
Befa ou un autre type, qui payera la note t'hypnotise, pousse à la tise,
Tout se concrétise, pourquoi t'attises dis-moi,
Vise, dix mois, please dis moi pour un délit dom-bi, c'est vil tu vois,
Parfois, ma voix s'envole et va de ville en ville mais je n'ai plus la foi, (en toi)
Les gosses ont froid dedans et hors des bidonvilles,
Dortoirs-villes, cités-villes, les noms défilent mais c'est toujours toi qui les enfiles,
Zoophile ou pervers dans ton costard, sado-maso, frustré, homme de pouvoir,
Je vois la bave qui coule de ta bouche ton air est louche,
Il te manque une fourche et tu fais une touche, le diable à une cravate
Des innocents se font cravacher qui croit qu'ici-bas, ça ne va pas craquer ?
Apprends le respect aux tiens si tu veux le respect des miens
En attendant, retiens bien que...
Tu peux mentir dans tes informations, tu sais ça !
Tu peux montrer l'Amérique du doigt, tu dois,
Jouer les martyrs qui se protègent de l'immigration
En règle comme mes papiers, j'm'occupe de ton cas, mon gars...
Tu peux montrer l'Amérique du doigt, tu sais ça !
Faire croire qu'ici les tensions raciales n'existent pas
Faire croire que Fabe est un parano, qu'il est mal dans sa peau
Qu'il a mal, qu'il lui faut l'échafaud tu parles des effets, mais tu en es la cause
Je vois des innocents crever tu vois la vie en rose,
Ose parler quand on t'entend avance avec ton temps,
Aie du cran, comprends quand on est pas content
Je passe mon temps à lutter contre toi t'es pas content ?
J'm'en tape, mon grand, parce que j'ai pas ton temps !
Tu as peur de la vérité, tout empire, pire ton empire n'a plus ton identité
J'aime pas ton drapeau, tes flics et tes politicos
Si tu nous rates, on ne te ratera pas, protège ton dos.
Tu peux mentir dans tes informations, tu sais ça !
Tu peux montrer l'Amérique du doigt, tu dois,
Jouer les martyrs qui se protègent de l'immigration
En règle comme mes papiers, j'm'occupe de ton cas, mon gars...
Allo ouais, passes-moi Jacques, s'il-te-plaît Fabe, ouais, c'est pas grave, tu lui diras que j'ai écrit une chanson pour lui."
Est-ce que il y aurait quelque chose à rajouter? Là tout de suite, je n'ai point envie... Yep! Elle parle d'elle même cette lettre... Yep!

- "Le déserteur", Boris Vian (1954) : Autre lettre des plus parlantes... Plus ancienne... Tellement contemporaine... Parlant...
"Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter
Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens :
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer"
Et en plus, d'après la légende, Vian voulait la terminer différemment, sur un ton plus menaçant vis à vis de la maréchaussée, n'oublions pas qu'il va cracher sur des tombes et avec talent panache, mais avec Mouloudji, ils ont convenu de conclure de la sorte... Ca le fait tout de même, et c'est un euphémisme.

- "Le déserteur", Tchad Unpoe (2006) : Issu de l'album, gratuit et en libre-téléchargement, "Musique de France", voici la version du Toulousain Tchad Unppe du même texte... Différente... Autre... Intéressante... Et à nouveau, c'est parlant, simplement!!!
(Et tenez, et entre parenthèses, au cas où, je vous le rappelle, Tchad Unpoe, mais aussi le Collectif Mary Read, et de Denver, Calm et Ancient Mith, sont en concert, "chez nous", le Jeudi 19 Mars, à l'Assommoir... Yes! Faites néné l'info, ça sera parlant, là aussi, là encore...)
Allez, ne perdez pas la parole, ni l'écrit, gardez ça, candez ça, utilisez tout ça... Oui...
Bonne journée,
Peace!!!

Publié dans Buts

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