Produit des 70's!

Publié le par Jah'Zz

Yes!
J'aurais tout aussi pu nommer ce billet : "Bakassi, me voici!", ou encore, "De Mvolyé à Essos!"... Oui, ça aurait pu être des choses comme ça.
Yo tout le monde,
Comment va le monde ce matin? Comment vont les mondes en cette matinée ensoleillée (oui, il fait beau à St-Etienne, après une semaine et un week-end de pluies, pas si intenses, mais continues...)?
Vous réjouissez-vous de la victoire, à voir, de Hamilton?
Vous réjouissez-vous de la défaite, à venir, de Obama?
Comment va donc le monde ce matin? Si vous me permettez d'y répondre, avec ma réponse à moi-même de mon avis personnel, et bien, le monde va comme hier, et comme demain!
En fin de semaine dernière, j'étais tranquille (enfin, si on peut dire ça comme ça, avec les vicissitudes alentours...) chez moi, un petit café, une clope à la fenêtre de ma cuisine, et la radio en fond sonore, comme cela arrive lors de la "pause clope"... La radio en fond sonore et branchée sur France Info... Et entre deux voluptes de fumée et une petite gorgée de mon café, au lait je précise comme ça, qu'est-ce que j'entends, plus que n'écoute, j'entends que ça parle du bled. Tiens! Je tend mieux l'oreille, et j'augmente le volume... Ah, je suis rassuré, ça parle en "mal" du bled... Tout va bien, c'est normal!
Oui, dans la nuit du Jeudi 30 au Vendredi 31 Octobre, il y a eu "quelque chose" qui s'est passé au Cameroun... Heuh, au Nigéria... Heuh... Oui, voilà, à Bakassi!
Hum...
Que je pense que ces "rebelles" sont probablement des mecs qui veulent des sous, ce n'est pas réellement important... Si tenté que l'importance importe justement ici, comme là-bas.
Ce qui peut être important donc (si tenté...), c'est par contre Bakassi!!!
Bakassi, comme un symbole, complètement méconnu ici (volontairement?), des enjeux des différentes dominations et hégémonies, des différentes guerres (et non gué-guerres) et conflits, des différents impérialismes menées en terres africaines par les "grandes nations démocratiques" du monde, par les "pays civilisés"... Car ne vous y trompez pas, Bakassi, en ce sens, n'est que un territoire de lutte d'influences de ces messieurs, les gouvernements camerounais et nigérians étant au mieux des complices, à défaut de fantoches! C'est marrant l'actualité, car en parallèle, il y a la "recrudescence" des troubles, sic, en République Démocratique du Congo, et ce truc que je viens de dire, ou plutôt d'écrire, s'applique aussi à cette autre région africaine...
Bakassi, aussi, comme un symbole, en ces temps de fin de la répentance et de la positivité du colonialisme, de l'échec complet (ou alors c'était voulu) du partage, c'est bien le mot, de l'Afrique entre les "grandes nations démocratiques" du monde, entre les "pays civilisés"... Car...
Tenez, je vous raconte une histoire...
Vous le savez, au début,  "la Terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme". Et Dieu, le Bon Blanc, est apparût. Et puis au bout de x jours, Dieu, le Bon Blanc, a séparé les terres, les étendues, comme ça, juste comme ça.
Sur notre exemple, Dieu, le Bon Blanc, appela ceux de l'Ouest les Nigérians, et ceux de l'Est les Camerounais... Dans d'autres exemples... Non, en fait partout en Afrique, ça marche aussi!!!
Et x jours, semaines, mois, années, voir même siècles (nous sommes au XXIème), il y a des cartes d'identité nationales séparées, avec les mêmes noms, des passeports nationaux distincts, avec les mêmes langues, etc. Il y a même des guerres au sein des mêmes nations, et même, qu'ils ont nommé ça des "guerres ethniques"! C'est vrai que chez eux, ici donc, chez nous donc, ça n'existe pas ça, une "guerre ethnique", non mais... Ca n'existe pas une guerre où un type balance que son ethnie est pure et les autres non, d'où des holocaustes (copyright?). Ca n'existe pas ça!
Mais, je m'éloigne...
Bakassi donc.
Une déchirure!
Ma clope à la main, ma tasse de café dans l'autre, voilà que mon esprit voyage, dans le temps... Back au pé! Retour au pays natal!
Et un truc me trotte dans la tête... Mais sévère, hein!?! Un truc qui colle, je trouve, parfaitement à mon humeur à cet instant précis, et à ce que j'écoute, plus que n'entend désormais, un truc... Un truc qui s'intitule "Sweet mother"! Ma mère... Au propre. Comme au figuré!
Ma pauvre mère.
Ma pauvre Afrique!
Et dans mon esprit, du coup, en même temps qu'arrive "Sweet mother", je repense à des choses et d'autres. Je repense à mon enfance à Yaoundé, à Mvolyé puis après un déménagement, à Essos, à mon école maternelle et primaire, Gockerville, à mon chat, Figaro, jetté loin de la maison après m'avoir attaqué, mon chien, Léo, le plus terrible du quartier comme on disait, le plus impressionant sûrement, à plein de choses, de gens, et puis surtout, j'y associe des sons, des musiques, des odeurs, des choses comme ça... C'est dingue!
Je bloque dessus...
Encore dessus...
Et oui, okay, je vais rechercher ces sons et musiques là.
Ces sons et musiques sont l'objet de mon I & I Pod numba 4, yes my man (oui, il y a deux langues officielles au Cameroun, l'anglais et le français. Oui, les Nigérians en vérité, ce sont les mêmes, ou presque, pour mon ethnie tout du moins...).
Voici dont le véritable corps de ce billet, le player virtuel (qui devrait être à votre droite là, un peu au dessus), les sons et musiques de ma petite enfance, je suis un produit des années 70, mec!
Ah si, autre chose et pas des moindres, avant de vous présenter les sons, "Sweet mother", l'auteur de cette absolue bombe atomique s'appelle Prince Nico Mbarga, et sa mère est (était) Nigérianne, son père quant à lui est (était) Camerounais. Bakassi, nous y voici donc!




I and I Pod n°4 : André Marie Tala, Jimmy Cliff, Eboa Lotin, Prince Nico Mbarga, Tim & Foty, Les Aiglons




Pas un prodige donc, mais un produit des années 70, aka I & I Pod numba 4, et les sons, et musiques, sont dans l'ordre de sortie ou de parution, si vous préférez.
Tiens, un petit truc technique... J'ai "programmé" le lecteur de manière à ce qu'il ne lance pas automatiquement, mais ça ne marche pas, ou plutôt, ça ne marche pas tout le temps. Sorry! Désolé, car, je sais que moi, j'ai horreur d'arriver sur une page avec directement du son, j'aime que "on" me laisse choisir d'écouter, ou pas. One more time, désolé. Et évidemment, dès que je peux résoudre ce truc là, je le fais...
Autre(s) détail(s) technique(s) : une fois n'est pas coutume, pour le coup et cet I & I Pod, j'ai récupéré la plupart des titres sur le web (car bien  entendu, je ne les ai pas, ou plus.), premier enfreint donc à ma règle (mais c'est fait pour être enfreint, les règles, non?) de ne mettre que des disques que j'ai réellement en ma possession. Du coup, côté images (l'animation GIF au dessus), ainsi que surtout, côté références du titre de l'album, ce sont des disques qui sont manifestement trouvables encore aujourd'hui... Par contre, j'ai bel et bien mis les dates de parution des titres!


- "Je vais à Yaoundé", André Marie Tala ("The best of André Marie Tala, volume 2", 1972) : notre Stevie Wonder (parce que aveugle) à nous, en version folk. Notre BB King (parce que construisant lui-même sa première guitare) à nous, toujours en version folk. Camerounais, le folklore, j'entends. Et puis pour l'anecdote, qui n'en est pas une en même temps, "The hustle" de James Brown est entièrement, sauf les paroles, pompé, sans aucune rémunération quelconque sur le "Hot koki" de Tala (et qu'est-ce que c'est bon le koki...), et ouais, c'est l'histoire de l'Afrique... Et ce titre... Je le vois encore aujourd'hui comme une version faussement naïve d'un pan entier des idées de quelqu'un comme Kwamé Nkrumah, car, loin de l'idée première d'exode rural et de départ vers la ville, il y a derrière ce texte... Comme une idée de socialisme (ce n'est pas un gros mot, hein?!?) africanisé!

- "The harder they come", Jimmy Cliff ("The harder they come", 1972) : à travers ce titre, et ce film, c'était aussi comme un hommage aux choses de la Blaxploitation américaine que rendait, je suppose, mes parents (oui, parce que quand même, ces disques là, ce sont mes parents qui les avaient. Je veux bien être vieux, mais quand même, hé, hé, hé!)... Je ne sais pas si aujourd'hui les gamins se rendent compte que ça n'existait pas, ou si peu, les "noirs au cinéma" (Poitier, Belafonte, Van Peebles, Roundtree, Grier, etc.  Tout de même!), et là, Jimmy Cliff et Perry Henzell font un truc de malade... La Jamaïque, le ghetto, les business, le gamin qui déboule en ville ("je vais à Kingston"), etc. Et ce titre quoi!!! Peut-on vraiment avoir ce que l'on désire? Je ne sais pas, mais la rébellion, la révolte, la révolution, il y a de ça derrière le film, et le titre du futur mouride (est-ce qu'il l'est toujours d'ailleurs?) Cliff...

- "Bessombe", Eboa Lotin ("The best of Eboa Lotin, volume 1", 1975) : tiens, comme une idée qui revient, bessombé, en langue sawa (ou douala si vous visualisez mieux), si j'ai bien tout compris veut dire la jeunesse... Eboa, pour nous, c'était le poète... Un peu comme Tala cité plus haut, un peu comme Bebey dont je ne parlerais ici... Eboa, le boîteux... Si Tala, par exemple, avait su comment reprendre le folklore bamiléké en jouant de certains de ses codes (et cordes), Lotin, ce sont les mots, et puis surtout en langue duala, qu'il a fait joué. Mais en écrivant ça, je néglige sans le vouloir sa puissante capacité à pondre des mélodies quasi imparables, comme là... De la poésie dans le makossa, ça peut plutôt résumer l'oeuvre de Eboa Lotin, oui. Après, "on" dit qu'il était très proche de Mobutu, hum... Bon... Voilà! (J'ai un doute quant à la date que je n'ai pas réussi à solutionner, j'ai eu des "versions" qui me disent que le titre date plutôt du début des années 60... Je le met quand même, car à nouveau, j'ai ce titre en tête quand je pense à cette période, soit les années 70)

- "Sweet mother", Prince Nico Mbarga & Rocafil Jazz ("Sweet mother", 1976) : bien avant le kid de Minneapolis, voici le prince qui a fait danser l'Afrique (enfin, de ce que je m'en souviens) entière... J'en ai déjà dit quelques mots plus haut, que puis-je dire d'autre? J'en sais rien, c'est le high life, c'est l'afro beat... Tout ça, et plus encore! C'est du funk, gras, sale, trouble et troublant, et pourtant soyeux, méticuleux, net et précis. C'est la rencontre des mondes. C'est la sape. Et puis aussi, c'est l'un de ces nombreux musiciens oubliés, et de surcroit, ici en Occident tout du moins (oui, il n'était pas signé chez Barclay lui), éclipsé par Fela, puisqu'il faut toujours ranger des gens dans les cases/cages, il y avait déjà Fela, il n'en fallait pas d'autre dans ce "style" là (n'est-ce pas, aussi, Sunny Adé?)... Ce titre est sans doute l'un des trucs qui a été le plus joué au Cameroun, et au Nigéria, dans les années 70 et 80. C'est ça "Sweet mother", c'est ça même!

- "Eda", JM Tim & Foty ("Greatest hits 1", 1977) : un duo des plus efficients de cette période, et comme Prince Nico Mbarga dont je disais quelques mots plus haut, chez Tim & Foty, on trouvait aussi cette rencontre fusionnelle des univers et des mondes... Sur ce titre là, c'est plutôt makossa ce qu'ils proposent, et sur l'album originel, nous étions pourtant plus près de ce que ici on nomme l'afro-beat. Mélodies de l'ouest Cameroun électrisées (principalement de l'ouest, mais sur "Eda", je l'ai dit, nous sommes sur le littoral plutôt...) avec des choses jazzys ou funkys, un coup en anglais, un autre en français, les deux musiciens de Tim & Foty ont eu de belles périodes et heures, et m'ont, nous ont, offert de moments, dont, voilà, là aujourd'hui, je m'en souviens encore...

- "Le petit chaperon noir", Les Aiglons ("Le petit chaperon noir", 1977) : c'était ça aussi, ces années là... La biguine, le calypso et le konpa, faisaient bien souvent apparition dans les fêtes, les sound-systems, la radio, et les Aiglons (ainsi que Coupé Cloué par exemple), et bien, c'étaient les patrons de ce truc là à l'époque, et à nouveau, de ce que je m'en souviens. C'est fête, et c'est fête grivoise en plus. Oui, car quelque part, c'est un peu la "réponse" de ces guadeloupéens (il me semble qu'il sont de Gwada) au "Zizi" de Pierre Perret... C'est aussi, je trouve, une manière de se réapproprier la langue française (oserais-je dire la langue du béké ou celle du colon?)... Dans tous les cas, ça marchait grave, et évidemment, nous les petits, on ne pouvait écouter ça que en cachette, derrière la porte ou la fenêtre... Le fruit défendu, en quelque sorte!

Sous le prétexte (grave, relativemment, ceci dit!) donc de Bakassi, me voici, et vous avec, plongé dans les années 70, de Mvolyé à Essos, et j'espère que ce voyage (dans le temps comme géographiquement parlant) vous plait... Il sera là, dans le I & I Pod, pendant quelques semaines, hé, hé, hé! Et quand même, je ferais assez rapidement un, ou des, topo sur les sites web et autres blogs où j'ai réussi à dégotter ces sons, car, damn, ça fait zizir!!!
Et même tristounets, ça l'est bien souvent en fait, ces souvenirs, et bien, je pense qu'il faut les conserver... Quelque part, c'est moi. Et je suppose, puisque il y a tout de même du passage par ici, que c'est aussi quelques un-e-s parmi ces passagers là, ces passagères là?!?
Damn!!!
J'en ai comme des frissons...
Chère mère!
Chères mères!
Peace!!!

Publié dans Buts

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